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Les services publics doivent passer aux logiciels libres

by Nicolas Bossut last modified 2007-03-01 18:08

Le plus grand quotidien de la Belgique francophone fait état de l'implantation progressive des logiciels Open source, présentés comme une solution de remplacement au monde de Microsoft, dans les administrations publiques, notamment par le biais du projet CommunesPlone que soutient Zea Partners (Les services publics doivent passer à Linux, Le Soir, 20.02.07)

Les institutions publiques ont de plus en plus le réflexe Linux. Ce système d'exploitation est la principale version libre concurrente de Windows. Pourtant, selon Claude Aronis, administrateur-délégué d’Alunys, PME bruxelloise spécialisée dans la recherche de solutions informatiques pour les entreprises, cette concurrence n’a pas lieu d’être : « Je ne comprends pas pourquoi des administrations et des entreprises publiques continuent de dépenser des fortunes pour travailler avec des logiciels Microsoft alors qu’elles pourraient avoir le même produit en logiciel libre. »

D’ailleurs, beaucoup d’administration ont choisi la voie médiane en utilisant un système d’exploitation  Windows et une suite bureautique libre. « A la Région bruxelloise, tous les cabinets ministériels fonctionnent sur un serveur Linux alors que leurs postes de travail sont restés sous Windows » explique Claude Aronis.

Une étude réalisée par Alunys en juillet 2006 a montré que 33% des institutions publiques bruxelloises ayant répondu à cette enquête, utilisent conjointement Windows et des logiciels libres type Linux.

Comme les médicaments génériques

Une tendance qui se développe dans toute l’administration belge. Des écoles en passant par les ministères ou les communes, le logiciel libre ne cesse de gagner du terrain : « L’administration doit montrer la voie, un devoir de responsabilité pèse sur l’Etat car en souscrivant à des logiciels propriétaires coûteux, au final, c’est le contribuable qui paye », note Claude Aronis.

Et pour cause, la différence de prix est substantielle. « Un ordinateur équipé de Vista coûte plus de 500 euros et c’est compter sans les licences antivirus ou autres. Dans l’installation des logiciels libres, seule la main-d’œuvre est payante » constate Jean-François Pecheur, informaticien de la commune de Marchin, qui est passé à Linux.

De l’avis de tous, Linux permet d’obtenir les mêmes résultats que les logiciels propriétaires comme Microsoft. « C’est un peu comme les médicaments génériques, moins chers mais avec des résultats équivalents », s’amuse Joël Lambillote, responsable informatique de la commune de Sambreville, elle aussi convertie.

Le Libre a même le gros avantage de la stabilité. « Quand Microsoft change ses versions, une administration n’est jamais sûre de récupérer ses données, alors qu’avec Linux, une simple mise à jour en ligne renouvelle la version du logiciel libre en assurant la pérennité des dossiers » précise Claude Aronis. Une stabilité qui évite le recours fréquent à la maintenance.

Microsoft place le débat au-dessus d’une rivalité entre Windows et logiciels libres : « Instaurer une interopérabilité est une question cruciale. Il faut proposer des standards ouverts. Il est essentiel pour les entreprises publiques de s’échanger des textes qui puissent se lire partout », confie Aurélie Couvreur.

Une communauté Plone à Sambreville

Depuis 2002, Sambreville, une commune de 27.000 habitants, utilise des technologies libres pour son courrier électronique et son site internet. Jusque-là, rien d’extraordinaire.
Pourtant, cette petite ville située entre Namur et Charleroi fait partie d’une communauté « open source » depuis 5 ans (www.communesplone.org)

« Quatorze villes dont deux françaises y mettent en commun leurs ressources et leur expertise pour élaborer des normes informatiques » explique Joël Lambillote, le responsable informatique de la commune. Plusieurs raisons ont motivé le choix de Sambreville de passer aux logiciels libres. « Au départ c’est vrai, le mouvement se fondait sur une certaine philosophie. On voulait offrir une alternative aux monopoles des grands constructeurs informatiques », confie Joël Lambillote.

Mais le cheval de bataille de Sambreville comprend un volet plus pragmatique. « L’Open source nous permet d’éviter de payer les coûts très élevés des logiciels propriétaires. »
Pour Joël Lambillote, le logiciel libre n’a pas sa place partout : « Les systèmes hybrides sont indispensables car il y a du bon des deux cotés. » Pour lui, l’administration doit indiquer le chemin à suivre : « Les entreprises publiques et les administrations peuvent commencer simplement avec des applications comme e-agenda ou téléphonie IT. »

Un pas d’autant plus facile à franchir, que les administrations n’ont pas à se soucier d’obstacle comme le secret de fabrication. Un  atout dont ne doute pas Joël Lambillote : « Le développement de Linux dans les institutions publiques est certain ».

« Le passage au libre doit être progressif »

Ainsi des entreprises publiques comme La Poste, utilise toujours Microsoft. La raison : « Une nécessité pour faire tourner notre portail clientèle, Post station », explique Emmanuel Foulon, directeur des communications adjoint de La Poste. La SNCB fonctionne, elle aussi, majoritairement sur Microsoft mais ses serveurs sont sur Linux. Pour la STIB, Alain Appelmans, informaticien, assure : « La STIB n’utilise des logiciels libres que sur les équipements destinés à protéger son réseau informatique des attaques du monde extérieur (pare-feu, proxy, etc.). Ce choix a été fait car ces logiciels sont a priori moins vulnérables que les logiciels propriétaires comme Microsoft, par exemple », souligne-t-il.

Les logiciels libres peuvent être installés à deux niveaux : sur le système d’exploitation ou comme outils bureautiques. Ainsi les administrations se dotent de plus en plus d’OpenOffice, la suite bureautique libre équivalant à Microsoft Office. C’est le cas, par exemple, des Services publics fédéraux (SPF) Justice ou Travail. Un tel outil contient des applications de traitement de texte ou de présentation comme son homologue propriétaire.

Pour Claude Aronis, le meileur moment pour passer sous logiciel libre est sans contexte lors du renouvellement de son parc informatique ou l’expiration des licences. « Le passage à l’Open source doit se faire progressivement. Il faut être pragmatique. Des études doivent être réalisées pour savoir quels sont les besoins et les solutions les plus adéquates », prévient Claude Aronis.

Pour lui, « toute l’administration belge finira un jour, par passer au logiciel libre ». L’Open source ne bénéficie actuellement que d’une faible médiatisation. Et de sourire : « Paradoxalement, c’est lorsque Microsoft sort son nouveau Vista que Linux fait le plus parler de lui ».




Source

http://www.zeapartners.org/press/fr/lesoir